En Suisse romande, de nombreux hôtes privés proposent une table d’hôte (table ouverte). Les habitants des environs peuvent y venir déguster un repas sain et savoureux tout en nouant de nouveaux contacts. Par un après-midi ensoleillé, Petra Forny Pannatier s’est rendue à la table d’hôte de Christiane et André, dans le canton de Fribourg.

Récit de Petra Forny Pannatier, coordinatrice pour la Suisse romande (à droite sur la photo)

Christiane et André nous ont gâté avec un apéro estival de melon/pastèque et jambon fumé. Son taboulé piquant a convaincu toute la tablée, tout comme son filet en croûte et ses légumes. Au dessert, ils nous ont régalé d’une pêche caramélisée au miel. Quant à moi, je leur ai apporté un peu de « Valais » avec une tarte aux abricots … du Valais bien entendu.

Autour de la table, Emma Dietsche, nouvelle responsable des Tavolatas pour ProSenectute Fribourg (qui a remplacé Denisa Dokoupilova Gafner au 1er juin) et Alfred Sauteur, dévoué bénévole qui ne manque d’anecdotes et qui est un exemplaire ambassadeur Tavolata.

Quant à Yvette et François, eux aussi présent, ce fût leur première expérience Tavolata. Cela fait 3 ans qu’ils habitent le quartier et participe aux activités proposées par ProSenectute (très actif dans la région) et la commune pour s’intégrer à la vie de quartier, se maintenir en forme et pour rencontrer du monde. Quand je leur ai demandé s’ils reviendront, c’est avec ferveur qu’ils m’ont répondu «bien entendu!». Est-ce qu’ils seront motivés pour à leur tour proposer une table d’hôte? L’avenir nous le dira.

C’était un agréable moment de partage où les discussions ont été bon train entre des informations locales intéressantes, des bons plans de marches, des échanges sur des voyages et bien sûr, des recettes.

Informations complémentaires

Si vous souhaitez participer à une table d’hôte en Suisse romande, vous trouverez les coordonnées des hôtes de votre canton dans la liste. Petra Forny Pannatier se fera également un plaisir de vous trouver une place à table.

La Tavolata de Bedano est aussi variée que les personnes qui y participent: enfants, adultes et personnes âgées se retrouvent au centre de rencontre «Al Posticino» pour cuisiner et partager un repas. Maria Vittoria Burdese, de l’association Insieme per Bedano, nous raconte comment ces rencontres prennent vie et ce qui se retrouve sur la table.

Entretien: Valentina Pallucca-Forte

Comment parvenez-vous à rassembler différentes générations autour d’une même table?
Maria Vittoria Burdese: Au départ, notre Tavolata n’était pas conçue comme une offre intergénérationnelle. Nous avions d’abord prévu des évènements pour les adultes et d’autres pour les enfants. Mais il est vite apparu que des personnes d’âges différents se retrouvaient très naturellement. Avec le temps, nous avons compris que, lorsque l’atmosphère est ouverte et accueillante, les générations aiment se mélanger, sans contrainte.

Comment se déroule votre Tavolata?
Des personnes de tous âges participent: elles cuisinent, rangent ou s’occupent des enfants pendant le repas. Certaines personnes âgées choisissent volontairement de participer aux tavolatas avec des enfants parce qu’elles y trouvent de la vie et de l’animation. Beaucoup d’entre elles mangeraient sinon toutes seules chez elles.

Concilier les besoins n’est certainement pas toujours facile.
Les enfants ont besoin de mouvement et de stimulation, tandis que les adultes recherchent plutôt le calme et de l’espace pour discuter. C’est pourquoi nous avons créé deux zones: un espace de jeux pour les enfants avec des Lego et des jeux de société, et un espace calme où les adultes peuvent lire ou se retirer.

Comment de nouveaux contacts se créent-ils?
Les rencontres se font spontanément dans les différents espaces, que ce soit en jouant, en lisant ou en cuisinant ensemble. Notre centre gère également la «Bibliocabina» communale, située juste à l’extérieur de notre centre. Elle propose un large choix de livres pour petits et grands.

Quels sont les plats les plus appréciés?
La tavolata de la pizza, qui propose aussi des piadine «maison», rencontre un franc succès auprès des enfants. Les adultes ont, quant à eux, particulièrement apprécié le vitello tonnato avec des pommes de terre au four (voir la recette).

De quoi tirez-vous une fierté particulière?
Au début de l’année dernière, grâce à Pro Senectute, une personne en réinsertion professionnelle a rejoint notre équipe pour cuisiner lors de nos tavolate. Cela nous a permis de proposer des repas raffinés et très appréciés, tout en lui offrant la possibilité de retrouver une activité professionnelle. Pour de nombreux participants, cette expérience a également été l’occasion d’observer une cuisinière de près, de cuisiner avec elle et d’apprendre de nouvelles recettes, ce qui ne serait pas possible dans un restaurant classique.

Quels sont vos prochains projets?
Nous travaillons à une troisième forme de tavolata en soirée, destinée aux personnes qui ont peu de temps pendant la journée. L’idée est de proposer un moment de convivialité un peu plus sophistiqué, avec des plats soigneusement préparés et une atmosphère intime. Le plat principal est proposé et cuisiné directement par les participantes et participants: chacun et chacune peut contribuer avec une spécialité ou une bouteille de vin. Par ailleurs, nous étudions la possibilité d’organiser une fois par mois une tavolata le mercredi midi, lorsque les enfants n’ont école que le matin. Cela permettrait aussi d’ouvrir la rencontre aux enfants de l’école enfantine, accompagnés de leurs parents ou de leurs grands-parents.

Que faut-il pour une tavolata réussie?
Il ne faut pas grand-chose: quelques tables, une cuisine et de l’ouverture d’esprit. C’est ainsi que nous avons commencé. Les idées viennent au fur et à mesure, au fil de l’engagement de chacun et chacune.

Alfred Sauteur, représentant régional engagé de Tavolata* à Fribourg, connaît toutes les tables d’hôtes du canton de Fribourg. En Suisse romande, ces tables d’hôtes fonctionnent ainsi: le repas a lieu chez la personne qui cuisine, six à douze convives peuvent prendre place autour de la table.

Entretien: Elodie Follonier

Alfred, comment percevez-vous Tavolata en Suisse romande?

De manière très positive. Lorsque j’ai commencé il y a sept ans, il y avait 15 tables, aujourd’hui il y en a 40 dans le canton de Fribourg! Cela montre que l’idée fonctionne très bien. En revanche, les tables d’hôtes pourraient encore gagner en notoriété, surtout auprès des hommes.

Comment vous engagez-vous pour Tavolata?

Je mets les gens en réseau, je motive de nouveaux hôtes et je participe à autant de tables d’hôtes que possible, même si je ne peux pas faire les 40. J’appelle les personnes dont c’est l’anniversaire pour garder le contact. Cinq à sept nouvelles tables rondes sont ainsi créées chaque année.

Comment vivez-vous la participation des convives?

Environ 80 % sont des femmes, dont beaucoup ont plus de 80 ans. L’ambiance est généralement joyeuse, même si l’on parle parfois de douleurs articulaires. Ce qui ne manque jamais, en revanche, c’est la bonne humeur.

Qu’est-ce qui fait le succès d’une Tavolata à long terme?

Lorsque la cuisine est bonne et que les convives sont accueillis chaleureusement, ils reviennent volontiers. Une table d’hôtes, c’est simple: quelqu’un cuisine à la maison, les convives paient 15 francs, Pro Senectute prend en charge 5 francs supplémentaires.

Quels sont les plats typiques les plus appréciés de la région?

Les ragoûts, la langue de bœuf ou les tripes et, dans le canton de Fribourg, le jambon paysan: des plats que l’on cuisine rarement pour soi lorsque l’on est seul.

On vous appelle «le loup blanc», pourquoi?

Parce que je me déplace partout, que j’entretiens des contacts en toute simplicité, que j’ai du plaisir et que les gens me connaissent. J’ai 79 ans, je suis retraité et très actif.

Note de la rédaction: «Connu comme le loup blanc» est une expression française. Elle désigne affectueusement une personne connue de tous et bien connectée.


Tavolata en Suisse romande

En Suisse romande, certaines tables d’hôtes sont organisées de manière autonome par des particuliers. La majorité des Tavolata sont proposées de manière institutionnelle par Pro Senectute Arc Jurassien et Pro Senectute Fribourg. Pour les Tavolata organisées par l’association Tavolata et Pro Senectute, un-e bénévole s’engage à cuisiner un repas une fois par mois.

  • Les différentes tables et informations sont publiées sur www.fr.prosenectute.ch et www.arcjurassien.prosenectute.ch.
  • Les personnes intéressées s’inscrivent quelques jours avant la rencontre et versent à l’hôte-sse 15 à 17 francs pour les frais. Pro Senectute verse par ailleurs une contribution à hauteur de 5 francs par personne.

Le canton de Fribourg propose également des «Tables au bistrot». De nombreux restaurants invitent les personnes âgées à manger ensemble à dates fixes pour 20 francs.

Contact

Petra Forny Pannatier: romandie@tavolata.ch

Depuis 15 ans, la Tavolata bernoise Pic-Assiette cuisine, discute et savoure ensemble. Les quatre femmes tiennent un registre des recettes et des dépenses, elles entretiennent une culture de la conversation qui leur tient plus à cœur que le menu parfait. La cofondatrice Mirjam Stolz-Silfverberg nous explique pourquoi.

Entretien: Anina Torrado Lara
Photos: Marco Zanoni

Mirjam, vous vous souvenez des débuts de Pic-Assiette?

Oui, très bien. Nous avons fondé cette Tavolata le 27 novembre 2011 à Berne. Nous étions cinq femmes qui voulaient simplement passer de bons moments ensemble. Pour nous, cela passait par un bon repas et une conversation de qualité. Dès le début, il était important pour nous qu’il n’y ait aucun esprit de concurrence, ce qui peut vite arriver quand on cuisine.

Qu’avez-vous fait pour éviter cela?

Nous en avons parlé ouvertement dès le départ et nous avons convenu ensemble que chaque participante verserait 20 francs dans la caisse à chaque rencontre. Chaque Tavolata dispose ainsi de 80 à 100 francs et l’hôtesse décide librement de ce qu’elle veut cuisiner et du degré de complexité du repas. Elle peut éventuellement commander une pizza toute prête «chez l’Italien». Mais si elle en a envie, elle peut aussi opter pour des recettes plus coûteuses, par exemple un rôti ou du poisson frais. La caisse sert à lui rembourser le montant de ses dépenses, hors boissons. Ainsi, il n’y a ni dépendance, ni compétition culinaire et personne n’a besoin de se mettre en scène comme un chef étoilé.

Et cela fonctionne bien?

Oui. Nous tenons un petit carnet dans lequel nous notons, pour chaque rencontre, qui a cuisiné et quand, quel était le menu, ainsi que les recettes et les dépenses. Ce qui reste dans la caisse à la fin de l’année, nous l’investissons dans notre «repas d’affaires» au bistrot.

Qu’est-ce qui est particulièrement important pour vous en dehors du repas?

La conversation. Nous avons une bonne culture de l’échange et des intérêts similaires. Il est important pour nous que la discussion ne s’enlise pas, mais que nous ayons un bon échange enrichissant. Bien sûr, nous sommes aussi à l’écoute si quelqu’un souhaite aborder un sujet personnel.

Y a-t-il quelque chose qui est tabou à votre table?

Nous sommes simples et aimons profiter du repas. Nous ne voulons pas que quelqu’un «milite» pour un mode d’alimentation. On accepterait une végétarienne, mais pas les végétaliens. Ce serait trop compliqué pour notre groupe. Il est arrivé une fois qu’une femme végane vienne dîner chez nous, cela ne s’est pas très bien passé. Si quelqu’un a une conception de l’alimentation complètement différente et que tout le monde doit s’adapter, cela devient compliqué.

Comment le groupe a-t-il évolué au fil des ans?

Deux de mes cofondatrices sont malheureusement décédées. Ce furent des expériences très marquantes. D’autres ont quitté la Tavolata pour des raisons personnelles. Depuis ses débuts, il n’y a donc plus que Lisa et moi. Le changement fait partie des choses: il faut rester souple. Pour assurer la relève, nous avons toujours cherché le contact avec des femmes plus jeunes afin de rajeunir notre Tavolata. Cela a porté ses fruits.

De nouveaux membres peuvent-ils se joindre à vous?

Absolument. Nous avons toujours de la place pour un invité. Il est simplement important pour nous de partager des intérêts et des thèmes similaires. Actuellement, nous sommes quatre femmes: Lisa est née en 1945, Esther en 1948, Helen en 1957 et moi en 1937. Nous nous retrouvons une fois par mois à 18 heures pour l’apéritif puis nous passons à table.

Un homme pourrait-il aussi participer?

Oui, bien sûr. Malheureusement, les hommes de notre âge qui sont encore en forme se font rares. Nous serions également heureuses d’accueillir des personnes plus jeunes, nous restons ouvertes. Je pense que, justement au moment de partir à la retraite, il est particulièrement important de se construire une nouvelle vie.

Votre Tavolata semble bien organisée.

Avec les années, on apprend à déléguer. Lorsqu’une participante est pressée par le temps, elle peut préparer quelque chose de simple. Et en été, nous aimons aussi organiser de temps en temps un pique-nique dans un joli parc.

Comment faites-vous face au vieillissement?

C’est effectivement un sujet important. Heureusement, nous sommes toutes en très bonne forme, nous vivons de manière autonome et nous déplaçons en transports publics. Malheureusement, nous avons été témoins du déclin rapide d’une personne intéressée par la Tavolata: soudain, elle ne s’orientait plus, ne pouvait plus cuisiner toute seule et ne retrouvait plus son chemin. Heureusement, elle a pu déménager dans une structure encadrée.

Qu’appréciez-vous particulièrement dans le groupe?

Le fait que nous cuisinions les unes pour les autres des plats que l’on ne ferait plus forcément lorsqu’on est seule. Un rôti, un osso buco: cela demande du temps. Mais nous nous réjouissons tout autant d’une soupe de lentilles avec du bon pain ou des pommes de terre en robe des champs. À propos des pommes de terre en robe des champs: de notre groupe est née une nouvelle Tavolata, la «Gschwellti-Tavolata». Susanne, une ancienne membre de Pic-Assiette, a créé une nouvelle table d’hôtes. L’hôtesse ne cuisine que des pommes de terre et les autres apportent leur fromage préféré.

Que signifie Pic-Assiette?

Un «pique-assiette» est une personne qui picore dans l’assiette des autres (au sens figuré: un parasite, un profiteur). C’est exactement ce que nous faisons: nous goûtons les plats des autres femmes. Un peu comme les oiseaux autour d’une mangeoire. Oui, cela nous correspond bien: nous vivons à la frontière linguistique, nous avons de l’humour et nous apprécions l’art de vivre.

Pour la viande

Ingrédients

  • 1 kg de veau (gîte)
  • 5 dl de vin blanc sec
  • 5 dl de bouillon de poule
  • 2 gousses d’ail entières
  • 1 oignon coupé en quatre
  • 1 carotte épluchée et coupée grossièrement
  • 1 branche de céleri coupée en morceaux
  • 2 feuilles de laurier
  • 3 clous de girofle
  • 10 grains de poivre noir

Préparation

  1. Mettre la viande de veau dans une grande casserole. Ajouter les légumes, l’ail, le laurier, les clous de girofle et le poivre.
  2. Verser le vin blanc et le bouillon. Si le liquide ne recouvre pas la viande aux deux tiers, ajouter un peu d’eau.
  3. Porter à ébullition, puis couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant environ 1 heure.
  4. Retirer la viande et la laisser complètement refroidir (facultatif: dans le jus de cuisson).

Sauce au thon au yogourt

Ingrédients

  • Thon en boîte, égoutté
  • Filets d’anchois selon vos goûts
  • Câpres selon vos goûts
  • 1 œuf dur
  • Zeste râpé d’un citron bio
  • Yogourt grec

Préparation

  1. Mixer tous les ingrédients à l’aide d’un mixeur plongeant jusqu’à obtention d’une sauce crémeuse.
  2. Couper le veau en fines tranches, les disposer sur une assiette et les napper de sauce.
  3. Garnir de câpres et d’un peu de paprika.
  4. Servir avec des pommes de terre sautées, des pommes de terre au four ou du pain.

Conseil

Peut être servi avec de la roquette et du parmesan.

Cracker protéiné

Ingrédients

  • 100 g de farine de pois chiches
  • 20 g d’amarante soufflée
  • 30 g de graines de chia
  • ½ cc de sel
  • 25 ml d’huile d’olive
  • 100 ml d’eau bouillante
  • Herbes finement ciselées selon les goûts

Préparation

  1. Mélanger tous les ingrédients jusqu’à l’obtention d’une pâte très souple et laisser reposer 10 minutes.
  2. Étaler la masse sur une feuille de papier sulfurisé sur une épaisseur d’environ 2 mm.
  3. Inciser la pâte pour marquer des lignes de cassure.
  4. Cuire au four à 160 °C à chaleur tournante pendant 50 à 60 minutes.
  5. Laisser refroidir sur une grille.
  6. Casser les crackers et les conserver dans une boîte hermétique. Ils resteront ainsi croustillants plus longtemps.
  7. Conseil: Garnir les crackers de cottage cheese et de cornichons pour une portion supplémentaire de protéines et de saveur.

Houmous

Mixer une boîte de pois chiches égouttés ou une poignée de pois chiches cuits avec une gousse d’ail et quelques cuillères à soupe d’huile d’olive de qualité. Saler et poivrer. Servir avec du pain pita ou des bâtonnets de légumes.

Les protéines font partie, avec les glucides et les lipides, des trois principaux nutriments dont le corps a besoin. Il est recommandé à toutes les personnes de plus de 65 ans de consommer quatre portions de protéines par jour.

Texte: Daniela Specht
Photos: sge-ssn.ch

Pourquoi les protéines sont-elles si importantes?

Avec l’âge, le corps change, tout comme les besoins en nutriments. Les protéines sont particulièrement importantes à cet égard. Elles constituent les éléments de base des muscles, des os, de la peau et de notre système immunitaire. À partir de 65 ans environ, notre organisme a besoin de davantage de protéines que lorsque nous sommes plus jeunes, car il les assimile moins bien et la masse musculaire tend à diminuer. Un apport suffisant en protéines aide à préserver la force et la mobilité et permet ainsi de conserver plus longtemps son autonomie au quotidien.

Où trouve-t-on des protéines?

Les bonnes sources de protéines comprennent aussi bien des aliments d’origine animale – comme les produits laitiers, les œufs, le poisson et la viande – que des protéines végétales provenant des légumineuses, du tofu, des fruits à coque ou des produits à base de céréales complètes. Je recommande de mettre beaucoup de couleurs et de variété dans l’assiette.

Comment couvrir mes besoins journaliers?

Pour les personnes de 65 ans et plus, il est recommandé de consommer de 1 à 1,2 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour, soit environ 70 à 84 g de protéines par jour pour une personne de 70 kg. Par exemple, on peut commencer la journée avec un morceau de fromage et du pain ou un muesli accompagné de séré et un cappuccino. À midi, un filet de truite avec du riz et des légumes, pour le goûter un petit pain au jambon et pour le souper des œufs brouillés font un repas simple et riche en protéines.

Est-ce important si l’apport en protéines se fait le matin ou le soir?

À partir de 65 ans, l’organisme assimile moins efficacement les protéines. Il est donc préférable de répartir l’apport en protéines tout au long de la journée plutôt que de tout concentrer sur un seul repas. Combiné à l’exercice physique, cela permet de conserver la force musculaire et l’autonomie aussi longtemps que possible.

de Uschy Hug

Ingrédients

  • 200 g de couscous
  • 450 ml d’eau bouillante
  • ½ cc de sel
  • 4 oignons nouveaux
  • 2 à 3 tomates ou tomates cerises
  • 1 poivron rouge
  • ½ concombre
  • 1 bouquet de feuilles de menthe
  • 1 botte de persil
  • 6 cs d’huile d’olive
  • 2 cs de jus de citron
  • 1 cs de concentré de tomates
  • 2 cc de miel
  • ½ cc de paprika doux en poudre
  • ½ cc de cumin moulu
  • 1 pincée de sel
  • 1 pincée de poivre noir moulu

Préparation

  1. Arroser d’eau bouillante la semoule de couscous et laisser gonfler pendant 5 minutes. Égrener à la fourchette.
  2. Pendant ce temps, couper finement les légumes.
  3. Mélanger l’huile d’olive, le jus de citron, le concentré de tomates, le miel et les épices, puis ajouter le tout au couscous encore tiède.
  4. Hacher le persil, effeuiller la menthe et les incorporer à la salade juste avant de servir.

Un après-midi d’été dans une résidence pour personnes âgées à Wallisellen. Peu avant midi, un drôle de vélo-cargo s’approche. Sur la surface de chargement se trouve une caisse en bois portant l’inscription «LUNAplus». Adrian Ruoss, de la fondation éponyme, pose le vélo et déballe un grill, sa pince, des saucisses à griller, des cervelas et des «bürli» (petits pains). Quelques minutes plus tard, les saucisses crépitent déjà sur le feu.

Reportage: Anina Torrado Lara
Photos: Nicolas Zonvi

Les premiers habitants du quartier ont déjà repéré le jeune homme et lui font signe de la main. «Oh, aujourd’hui, il y a des cervelas!», s’exclame Uschy Hug. Elle pose son taboulé «maison» (voir recette) sur la table pliante et déballe les assiettes, les couverts et les serviettes. Aussitôt, deux autres voisines se précipitent pour l’aider à mettre la table. Un homme apporte un pain fait maison à la tavolata, une femme apporte des tranches de pastèque. Sur la pelouse commune se crée une tavolata conviviale et sans chichis.

Pourquoi une saucisse est bien plus qu’un simple en-cas

Avec son vélo-grill, Adrian Ruoss a visé en plein dans le mille: dans les quartiers d’habitation des villes et des agglomérations, nombreuses sont les personnes qui ont un besoin de convivialité et d’échange. L’idée du vélo-grill lui est venue il y a quelques années. Adrian Ruoss travaille à la fondation LUNAplus à Wallisellen, où il est responsable de l’animation socioculturelle des personnes âgées de 65 ans et plus, principalement dans les résidences pour seniors.

Tavolata itinérante

Il s’occupe régulièrement de trois résidences, où il a posé une question toute simple: «Qu’est-ce qui vous manque le plus?» La réponse a été sans appel: «Les grillades», raconte Adrian Ruoss, «car, pour cette génération, une saucisse cuite au feu de bois, c’est tout simplement un incontournable.»

Mais construire des aires de grillades? Demander des autorisations? Tout cela semblait trop compliqué. Cet ancien constructeur de décors reconverti a donc imaginé une solution pragmatique: un vélo-cargo, un grill, et le tour est joué. «J’aime le fait que le vélo-grill soit si simple. Quand il fait beau, je peux me rendre dans une résidence: il n’y a besoin de rien, ni cuisine ni autorisation.» Difficile de faire plus accessible.

Certains apportent spontanément une garniture

Voici comment se déroule une session avec le vélo-grill: Adrian Ruoss fixe une date avec les habitantes et habitants, puis, deux semaines à l’avance, il affiche des prospectus au panneau d’information. Il apporte les saucisses et le pain qu’il vend pour cinq francs. Tout le reste est laissé au bon vouloir de chacune et chacun. «Si les invités sont contents de manger rien que de la saucisse et du pain, ça va aussi.» Mais souvent, les seniors de la résidence prévoient des accompagnements: une personne apporte une salade, une autre un dessert ou des fruits. Il arrive même qu’il y ait une machine à café ou une bouteille de vin blanc. Ensemble, ils dressent la table et la débarrassent ensemble aussi.

Tavolata itinérante

«Le vélo-grill est une forme de tavolata très intéressante», explique Daniela Specht, directrice de l’association Tavolata. «Il implique peu d’obligations, et pourtant, un véritable sentiment de communauté se crée. Chacun-e contribue à la réussite de l’événement et profite du moment partagé.» Ainsi, le vélo-grill devient un événement participatif. Adrian Ruoss raconte: «Quand je suis seul, les gens donnent spontanément un coup de main.» C’est exactement ce qu’il recherche: du mouvement, de la participation et de l’auto-efficacité. «Lorsqu’une personne apporte un gâteau et qu’on la félicite, c’est très gratifiant pour elle. Cela la rend fière.»

Qui le souhaite reste bavarder un moment

Entre le printemps et l’automne, le vélo-grill est utilisé régulièrement. À chaque événement, entre 10 et 25 personnes se retrouvent: aussi bien des nouveaux résidents que des personnes qui, autrement, ne participeraient jamais au repas collectif de midi. «Il y a aussi des personnes plutôt solitaires qui viennent au vélo-grill, achètent une saucisse à cinq francs et pensent rentrer chez elles la manger. Mais parfois, elles finissent par rester.» Adrian Ruoss essaie d’inciter les gens à discuter et d’atteindre ainsi également ceux qui vivent dans l’isolement.

Les liens qui se tissent ainsi dans le quartier se prolongent dans la vie quotidienne. Adrian Ruoss parle de couples qui se sont rencontrés à l’occasion d’une grillade et qui sont aujourd’hui ensemble. De voisins et voisines qui font les courses les uns pour les autres, qui prennent un café ou qui regardent un match de foot ensemble. «C’est fou de se dire que de si petits événements peuvent donner naissance à de telles relations.»

Par exemple, un jour, une femme est tombée, le voisin s’en est aperçu et a appelé les secours. «Les gens veillent les uns sur les autres. C’est là, pour moi, la principale utilité du vélo-grill: il brise la glace.»

Le grill a l’effet d’un feu de camp

Dans les résidences vivent des personnes âgées de 65 à 100 ans, dont certaines avec une rente AI. La mixité y est importante. «Il y a des gens originaires de Syrie, de Grèce, de partout.» Il n’y a pas d’encadrement, seulement des espaces communs. D’où l’importance d’impulsions venues de l’extérieur, ou justement d’un vélo apportant une saucisse à rôtir OLMA de Saint-Gall.

En début d’après-midi, le grill est vide, mais le groupe reste à table et discute vivement. Adrian remballe le grill, fixe déjà le prochain rendez-vous, avec une date de report, puis enfourche son vélo. Ce qui demeure va au-delà de l’odeur de la saucisse grillée: de nouveaux liens, de la proximité, de la confiance. Et la certitude qu’il suffit parfois d’un petit feu pour aviver une communauté.

Les groupes Tavolata de toute la Suisse se retrouveront lors de la conférence Tavolata qui se tiendra le lundi 1er juin 2026, de 10h00 à 16h30, à la Maison Farel à Bienne. Notre thème sera «le Röstigraben». Venez profiter d’un programme varié et de ces retrouvailles!

Vous trouverez ici le programme et le formulaire d’inscription.

Merci de vous inscrire avant le 20 mai 2026. Nous nous réjouissons de vous voir!